Les Nadé et l'histoire

Lundi 22 février 2010 1 22 /02 /Fév /2010 11:43
En 1680, après le traité de Nimègue, que le duc Charles V n'avait pas voulu accepter, le roi Louis XIV demeura maître de la Lorraine. Comme Vaudrevange était fort diminué par le malheur des guerres, le roi fit ruiner cette ville et n'y laissa que très peu de bâtiments :  à quelque distance de là, sur le même côté de la Sarre, il fit construire une très belle forteresse, une ville qu'il nomma Sarre-Louis, et qui est de ce côté-là un poste important.

Depuis ce temps-là Vaudrevange n'est plus qu'un village du diocèse de Trèves. La montagne au pied de laquelle était bâti la ville de Vaudrevange, se nomme Limberg, que l'on distingue en haut et bas Limberg. Le Haut-Limberg est un village commencé en 1706, à gauche de la Sarre, à deux lieues de Bouzonville. Le Bas-Limberg est un autre village, sur la partie de Vaudrevange, restée à la Lorraine, à une demie-lieue du Haut-Limberg.

Limberg est un ermitage et chapelle dédié à la Sainte-Vierge, bâti sur la montagne de Vaudrevange en 1680, par l'entrepreneur des fortifications de Sarre-Louis. Le roi de Pologne Stanislas 1er, duc de Lorraine, donna cet ermitage aux carmes déchaux de Lorraine, le 30 juin 1751, pour y établir un hospice de leur ordre.

Les auteurs Lorrains qui ont traité des particularités qui se trouvent dans la province, ont aussi parlé de la carrière d'azur qui se trouve à Vaudrevange. Le minéral se trouve par grumeaux de la grosseur d'un pois ou d'une noisette enveloppés de sable, que l'on ôte pour nettoyer et découvrir l'azur. Les peintres se servent de cet azur pour peindre en bleu.

On trouve aussi à Vaudrevange, des mines de cuivre, de plomb et même d'argent. Ces mines ont été de nouveau ouvertes il y a quelques années, et on y a travaillé avec succès. On est parvenu en creusant jusqu'au lieu où les anciens avaient poussé leurs travaux, et on y a trouvé les outils anciens, rangés en leurs lieux. Ces carrières ou mines sont d'une étendue et d'une profondeur prodigieuses, parce qu'on en a tiré une quantité extraordinaire de pierres à bâtir.

Il y a à Vaudrevange un couvent de religieux augustins.

Il y avait ci-devant encore à Vaudrevange un couvent de capucins, qui en 1692, fut transféré à Sarre-Louis.

Quoique toute la Lorraine ait été rendue au duc Léopold, fils du duc Charles V, en vertu du traité de Risvic, néanmoins Sarre-Louis par l'article 32, a été réservé au roi de France, avec une demi-lieue de terrain autour de la place. Comme cette forteresse était trop resserrée, et que cela incommodait la garnison, le duc de Lorraine, par le traité de 1718, a cédé à la France cinq villages voisins de Sarre-Louis et l'emplacement de Vaudrevange, avec les bâtiments qui y restent, et qui multiplient de jour en jour. Cette cession fut faite moyennant un certain dédommagement qui lui a été donné.


La ville de Sarre-Louis est bâtie sur le territoire de Listroff, où l'abbé de Vadegatz est seigneur haut justicier, moyen, bas et foncier. Elle est située dans l'isthme d'une presqu'île que forme la rivière de Sarre, sur laquelle elle est bâtie. Sa figure est un hexagone régulier de six bastions, sur les plans du maréchal de Vauban. Le côté qui est su la rivière, est plus étendu que les autres; au-devant des courtines sont placés des petits ouvrages tenailles : cinq de ces fronts sont couverts d'autant de demi-lunes, le tout revêtu de bonne maçonnerie. Le fossé qui entoure tous ces ouvrages, et qui est accompagné d'un bon chemin couvert, est plein d'eau : au-delà de ce chemin couvert règne tout autour un avant fossé dans lequel on a élevé neuf redoutes, revêtues de pierres. Cet avant-fossé est défendu par un autre chemin couvert, du côté de la terre, c'est)-dire depuis le retranchement des capucins jusqu'à la rivière. On entre dans Sarre-Louis par deux portes diamétralement opposées : les rues de la place sont fort régulières, et laissent entr'elles une grande place carrée, sur un des côtés de laquelle est l'église paroissiale, et de l'autre côté la maison du gouverneur.

Le 29 avril 1685, le roi Louis XIV donna sa déclaration par laquelle il donne à la ville de Sarre-Louis l'exemption de droit d'entrée dans la ville et de sortie d'icelle, faculté de faire commerce de toutes sortes de marchandises et manufactures, sans payer aucun droit d'entrée et de sortie; comme aussi exemption de la taille et subvention, de quartier d'hiver des troupes, etc., permet d'y établir foires et marchés avec un siège de justice.

Sarre-Louis est du diocèse de Trèves. Il y a un couvent d'Augustins, celui des PP. capucins est à un quart de lieue de la ville.

Le bailliage de Sarre-Louis a été créé par édit du mois de février 1685, et le présidial par le même édit; il est régi par la coutume de Lorraine, rédigée et homologuée par lettres-patentes de Charles III, duc de Lorraine, des 17 mars et 16 septembre 1594.

Le corps de l'hôtel-de-ville est composé d'un maire royal ancien et alternatif; de deux échevins électifs, d'un secrétaire-greffier, d'un procureur syndic, et dun sergent de ville. Ces officiers sont chargés de l'administration des biens et revenus de la ville.

Il y a à Sarre-Louis un corps de casernes, qui est ordinairement occupé par quatre bataillons et deux escadrons. Il y a un hôpital militaire.

Le corps du génie est composé d'un directeur des fortifications, d'un ingénieur en chef, et de plusieurs ingénieurs ordinaires.

En 1755 et 1754, il y a eu des camps à Sarre-Louis, l'un et l'autre commandés par M. de Chevert, lieutenant-général, sous les ordres de M. le maréchal duc de Bellisle. Le quartier général était au village de Listroff, à un quart de lieue de la ville.

Voici les noms des communautés qui sont dans le ressort du bailliage de Sarrelouis. La ville de Sarre-Louis, Beaumarais, Enstroff, Frauloutre, les censes de Favart et du Houssart, Listroff, Roden, Sainte-Marie, cense, Valdrevange. Tous ces lieux sont du diocèse de Trèves.

Les villages de la route cédés en exécution de l'article XIII du traité de 1661, ressortissent au même baillage, et sont régis par la coutume de Lorraine. Ces villages sont Donnelay, Gelucourt, Juvelize, le Fief de Kraffzel, Lézey, les Récourts : ces lieux sont du diocèse de Metz.




Source : Notice de la Lorraine qui comprend les duchés de Bar et de Luxembourg, par Augustin Calmet, Tome 2, 1840
Harward College, Hohenzollern Collection

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Liens supplémentaires relatifs aux anciennes faïenceries de Vaudrevange :
Figures de céramique anciennes

Liens internes au blog :
Claudine Nadé °1694 + 1702

Nicolas Villeroy, fondateur-propriétaire des faïenceries de Vaudrevange dans les annales de la mine
http://www.annales.org/archives/x/sarre.html

Le district de Sarrelouis avant 1815

Par solnade - Publié dans : Les Nadé et l'histoire
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Lundi 1 février 2010 1 01 /02 /Fév /2010 00:00

Un autre danger, d’une autre nature, guette les Nadé depuis 1661. Pour favoriser la remise en état de l’agriculture dans les zones les plus délaissées, des paysans originaires de Picardie et du Vermandois, encouragés par les autorités locales,  viennent se fixer dans le nord-est du duché...


On vient tout juste d’adopter les bras tyroliens tels les Hackspill, Ketzinger, Germann, Lizer... maçons,  les Transberg, charpentiers venus reconstruire les maisons en ruine… Aussi ces François venus du nord... qui convoitent nos terres... cet Arnould Foncin, de Villers-la-Montagne avec dix bouches à nourrir... et qui a été engagé par l’Abbaye de Freistroff pour cultiver les terres qu’elle possède à Chémery toute proche... faut pas trop en parler… Des Dalstein, ces autochtones originaires de Freistroff mais ayant déjà fait main basse sur Piblange… non plus.

 

Alors que lui, Jean Nadé, est taxable et corvéable à merci, tous ces "estrangers" ne payent encore rien. Les récoltes ne sont pas toujours bonnes. Et comme d'autres laboureurs, Jean, de temps à autre, proteste et refuse de payer son seigneur, l'abbaye de Villers Bettnach.

 

  Certes,en cette fin du 17e, Jean avait oeuvré pour devenir le plus important laboureur de Hestroff (voir le pied terrier de Villers Bettnach de 1687). Il a survécu aux affres des guerres qui se sont succédées jusqu’en 1661. Mais l’année 1667 est à rajouter aux années noires qu’il a vécues. Cette année-là, le 10 septembre, Barthel HESTROFFER, sergent à Momerstroff, lui fait donation de deux chars de foin. Ce Barthel, qui est issu d'une famille de l'ancien hameau d'Esling rasé par la Guerre de Trente Ans, a quitté définitivement la paroisse de Hestroff et vendu tous ses biens.



 


Par nade - Publié dans : Les Nadé et l'histoire
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Dimanche 31 janvier 2010 7 31 /01 /Jan /2010 00:00

Villers-Bettnach porte aou06 txt L’abbaye de Villers Bettnach avait donné une forte impulsion économique à toute la région. Les moines avaient défriché des terres, introduit des cultures nouvelles, construit plus de six villages, élevé le niveau intellectuel de la population et la qualité de l’habitat.


Situé au coeur d’un magnifique massif forestier draîné par les eaux des vallées secondaires, le nom de l’abbaye qu’on retrouve aussi sous d’autres vocables aux 12e, 15e et 19e siècle, viendrait de villare (ferme) et de betta (cens) et  ager (champ).


Cette Abbaye a joué un grand rôle autant pour toute la région que pour nos ancêtres. Nous savons que l'abbaye a fait établir un pied terrier en 1657, qu’en 1676 Jean et son ami Wagner furent cités à comparaître à Vaudrevange, à la demande de Dom Charles de Bretagne, abbé commanditaire de ladite abbaye.

 

21 mai 1676 Procès vaudevange déclaration

Jean Nadé était le principal censier de l’abbaye sur Hestroff. Il y disposait de 148 journaux, juste un peu moins que le curé et le tabellion.


Aux lendemains du traité de Vincennes, les pouvoirs tant lorrains que français prennent des mesures pour relancer l’économie d’un pays dévasté par des décennies de guerre, de disette, de maladies. Pour redresser ce pays détruit aux trois quarts, on fit appel aux étrangers en leur promettant maisons et terres.


L’abbaye de Villers, qui possédaient de nombreuses seigneuries, dû servir d’ « agence d’intérim » et recruta massivement de solides montagnards venus du Tyrol, sachant lire et écrire. Nombre d’entre eux mirent ainsi leur know-how à la disposition d’un pays qui manquait cruellement d’artisans en échange d’une maison en ruines à reconstuire, de quelques lopins de terres abandonnés. Ces "estrangers", nos ancêtres, étaient probablement exempts de taxes pendant quelques années comme ce fut le cas à Sarrelouis fondé en 1680 par Louis XIV.



Par nade - Publié dans : Les Nadé et l'histoire
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Samedi 30 janvier 2010 6 30 /01 /Jan /2010 00:00

Sarrelouis TourismusA la frontière de l'ancien Duché de Lorraine, aux pieds de Vaudrevange, Louis XIV fonde la ville de Saar-Louis par décret en 1680.


Suite au rattachement d'une partie de la Lorraine à la France après le traité de Nimègue qui mit fin à la Guerre de Hollande, cette ancienne région espagnole échappe aux Provinces-Unies et devient française.


Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban, ingénieur, architecte, urbaniste, maréchal de France, élabore le plan de la ville. Ville de garnison fortifiée, elle est construite par les soldats du régiment de Beaumarais et de la Picardie, comme l'indique encore aujourd'hui deux quartiers ainsi nommés.


La forteresse est censée défendre les nouvelles possessions royales françaises en Lorraine qui donnent un accès sans contournement frontalier aux plus anciennes possessions françaises en Alsace.

 

Seront exempts de taxes les sept premières années tous les manants et artisans qui iront s’y établir.

 


 

Sarrelouis blason

 

“Dissipat atque fovet”
« Le soleil dissipe et il réchauffe. »

 


 

Par nade - Publié dans : Les Nadé et l'histoire
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Vendredi 29 janvier 2010 5 29 /01 /Jan /2010 16:49

Au cours de ces vingt dernières années de labeur, la famille « Nadé et consoeurs » se sont peu préoccupés du sort et des revirements de leur ancien duc Charles IV. Tout au plus savent-ils qu’en 1663, au service de l’Empereur, il défendit Marsal contre les Français et qu’il fit une entrée triomphale à Nancy sa capitale après 30 ans d’absence...  Que son frère Nicolas-François ne reconnait toujours pas son fils Charles-Henri et que dépité Charles IV retourna à Vienne où il célébra son mariage avec Béatrix pour la deuxième fois, quinze jours avant la mort de cette dernière. Que, incorrigible et inconstant amoureux, Charles délaissa sa nouvelle fiancée, la belle chanoinesse de Poussay, Isabelle de Ludes et qu’à l’âge de 62 ans il épousa en troisièmes noces une jeune fille de 13 ans, Marie-Louise d’Apremont... Que depuis 1668, Charles, jamais à court d’idées, manoeuvre sans succès pour légitimer son fils et pour ce faire, qu’il se rapproche du pape et lutte contre les Turcs...  Qu’en 1669 il fit donation de ses états à la Vierge tandis que Louis XIV renonça à ses droits de succession en faveur de Charles, fils de Nicolas-François… Que deux ans plus tard, en 1670, les Français réoccupèrent Nancy et les unes après les autres les places lorraines se rendirent, 

 

Pendant ce temps-là, Charles IV vieillissant mais toujours belliqueux réussit néanmoins quelques coups de maître à Ste Marie-aux-Mines, Epinal et Remirement mais il meurt peu après. Son neveu Charles V, devenu beau-frère de l’Empereur, est déclaré duc « in partibus ». Il ne pourra jamais s’installer sur le trône ducal.


Rappelons-nous que la duchesse Nicole, première épouse de Charles IV mourut à Paris en l’an 1657. Sa soeur Claude mourut de ses dernières couches à Vienne en Autriche, l’an 1648. Nicolas-François son époux mourut à Nancy en l’an 1670  sur la fin du mois de janvier. Outre deux princesses dont l’une fut Marie Thérèse, le couple eut deux princes, Ferdinand et Charles V. Ferdinand mourut à Paris en l’an 1658, n’ayant pas vingt ans accomplis. Charles embrassa le parti des armes et combattit les Turcs avec à ses côtés le comte de Ligniville et le célèbre baron de Mercy.


Vauban, de son côté, fortifie Nancy, Metz, Verdun et crée Saarlouis à la gloire de Louis XIV.

Le dernier duc de Lorraine, Charles V, meurt en 1690.

 

Par nade - Publié dans : Les Nadé et l'histoire
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